Désastre écologique :43 vautours africains retrouvés morts à Martap, dans l’Adamaoua
Il s’agit d’une espèce totalement protégée, en danger critique d’extinction, pourtant essentielle pour éliminer les carcasses et prévenir la propagation des maladies.
C’est une nouvelle tragique qui meurtrit le cœur de Jules Doret Ndongo, ministre des forêts et de la faune ( Minfof) au Cameroun. 43 dépouilles de Vautours africains à dos blanc, espèce intégralement protégée et classée en annexe I de la Convention Internationale sur le Commerce des espèces de flore et de faune menacées d’extinction, ont été découvertes vendredi 9 janvier dernier aux environs de 11h sur le plateau Daniel, dans la localité de Martap, département de la Vina, région de l’Adamaoua. Dans l’urgence, en attendant les résultats de l’enquête dont il a immédiatement prescrit l’ouverture, le Minfof a instruit l’incinération des cadavres, afin de prévenir la propagation éventuelle de zoonoses.

Dans le communiqué radio n° 0010/MINFOF/CAB qu’il a signé le même jour pour informer l’opinion publique nationale et internationale de ce qu’il considère comme désastre écologique, Jules Doret Ndongo << réaffirme la détermination du Gouvernement camerounais à assurer la protection et la préservation des espèces forestières et fauniques, conformément à la réglementation nationale en vigueur et aux engagements internationaux pris par le Président de la République, Chef de l’Etat>>.

Empoisonnement.
Si les causes réelles de ce décès massif restent encore inconnues, certains professionnels et acteurs exerçant dans le domaine faunique invoquent la possibilité d’un empoisonnement. Le vautour africain à dos blanc scientifiquement appelé Gyps africanus est un grand rapace nécrophage africain, reconnaissable à son dos blanchâtre contrastant avec son plumage sombre et sa collerette blanche autour du cou. C’est un « éboueur de la nature » qui nettoie les carcasses d’animaux dans les savanes, utilisant les courants d’air pour voler sur de vastes territoires. Il est malheureusement en danger critique d’extinction à cause des empoisonnements, de la persécution et de la perte d’habitat.

Dans le cas d’espèce, à en croire un chercheur en écologie, “ seul un empoisonnement peut décimer une communauté de cette population déjà en voie de disparition”. Il se pourrait que ces vautours aient consommé dans les alentours du lieu de la découverte macabre, une substance nocive et mortelle. En effet, cette espèce qui vit seule ou en colonies se nourrit principalement de cadavres. Elle peut se rassembler par centaines autour d’un cadavre de gros animal ( bœuf, vache, lion, éléphant) pour se nourrir. “Suivant cette approche, il est donc possible qu’en colonie, ils soient tombés sur la dépouille d’un animal préalablement mort par empoisonnement. Et si tel est le cas, ils sont automatiquement empoisonnés “ analyse notre source. Mais ce ne sont que des supputations. Seuls feront foi les résultats de l’enquête prescrite par Jules Doret Ndongo à ses services locaux compétents qui seront assistés de la brigade territoriale de Martap.

Rappelons que le vautour africain à dos blanc est un oiseau vital pour les écosystèmes africains, parce qu’essentiel pour éliminer les carcasses et prévenir la propagation des maladies. Mais il fait face à des menaces sévères qui ont réduit considérablement ses effectifs. Sa population à travers le monde est en forte baisse. De quoi inquiéter sérieusement le ministre des forêts et de la faune.

